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Patapon le nécromant vous parle

Ce blog prendra plusieurs formes. Il sera parfois absurde, parfois horrifique et parfois juste calme. Vous trouverez ici des nouvelles, des règles de jeu et le partage de quelques découvertes. J'utilise des images pour étayer mon propos mais celles-ci ne m’appartiennent nullement. Je les ferai disparaître à la première demande de leur propriétaire.

Le conseil des 10

Publié le 29 Septembre 2015 par Patapon in Les Mères

Ambre n'aimait pas son nom. Elle pensait que recevoir un nom de fleur ou de roche c'était être marqué du sceau de la banalité. Comme si les sages-femmes n'avaient pas trouvé d'inspiration et avaient pioché au hasard dans une liste de nom. Mais ce n'était pas sur son nom qu'elle pestait. Ses premières heures en tant que cardinales avaient été un échec total. Elle était en charge du Chant et devait surveiller une douzaine de choriste. Elle ignorait que ces derniers la testeraient, et rien dans son éducation ne l'avait préparée au fait qu'ils connaissaient bien mieux qu'elle le Chant. Ils se moquèrent d'elle, et se servirent de son orgueil pour la pousser à la faute. Quand la haute surveillante entendit les fausses notes, elle se dirigea vers Ambre. Les choristes prirent l'air étonné, et dans une cacophonie, expliquèrent qu'ils suivaient les indications d'Ambre. La haute surveillante dut relancer les douze choristes qui se remirent à chanter à l'unisson sans aucune fausse note. Comme c'était la première erreur d'Ambre, la haute surveillante fut clémente et la condamna à quelques menus travaux d'intérêt généraux. Parmi ceux-là, il y avait le nettoyage de la salle du conseil.

 

Le conseil des 10

La salle du conseil était large et ronde. Il n'y avait qu'une seule porte pour y accéder. Le mur était percé de dix alcôves dans lesquelles on trouvait des mannequins porte-armures, désormais nus et qui servaient de porte-manteaux. Les murs étaient faits de bois mais les alcôves étaient creusées dans les colonnes de pierre grise. Dans la salle on trouvait une table tout aussi ronde placée en son exact centre et autour de cette table, dix sièges. Les sièges étaient les seuls attributs que les Archicardinales étaient en droit de choisir, le reste devait être identique à la volonté du premier conseil des 10, à la volonté des Mères. 

Le siège le plus impressionnant était celui de Reine. Il était tout en bois et possédait le dossier le plus haut de tous. Même si la table ronde était faite pour gommer les différences hiérarchiques, la chaise de Reine indiquait clairement qui était à la direction. C'était juste un trône haut et étroit qui indiquait la grandeur de celle qui s'assaillait dessus.

A la gauche de Reine, on trouvait l'extravagant siège en rotin d'Araignée. Il était entièrement blanc et couvert de coussins verts comme le jade. Il était tellement large qu'on pouvait s'y tenir assise en tailleur sans que les genoux ne touchent les accoudoirs. Si le trône de Reine indiquait son autorité, le confort ostensible du siège d'Araignée indiquait qu'elle n'apportait aucune importance à cette autorité.

Le siège suivant était celui de l'archicardinale Tordue. Il était vide depuis maintenant cinq années. Les rumeurs sur tordues allaient bon train et son siège ressemblait à ces rumeurs. Il était fait d'os animal et de ronces séchées. Il était léger mais il était quasiment impossible de le déplacer sans se piquer sur une épine ou une esquille d'os. Ambre eut un frisson et son regard passa au siège suivant.

C'était un siège de bureau plein cuir. Il devait être si confortable, pourtant, et même si Ambre n'avait jamais vu la surface, il émanait de ce siège une autorité naturelle. Ambre s'arrêta sur les détails qu'elle ne comprenait pas sur ce siège. Il était doté de multiple manettes et molettes permettant de régler le siège dans toutes les positions possibles. Avant de passer au siège suivant elle remarqua que le cendrier devant le siège de Silence devait être vidé.

 

Le conseil des 10

L'alliée de Silence, Survie, était tout naturellement assise à côté. Le siège était ancien et fait de bois et de cuir. Les pieds du siège formaient quatre chats émaciés à la gueule affamée regardant vers l'extérieur. Un morceau de cuir rouge était tendu entre les chats de gauche et les chats de droite. Les accoudoirs étaient posés sur la tête des chats. Ils étaient fins et rectangulaires et présentaient des motifs forestiers. Le dossier était en ogive et ressemblait à l'entrée d'une église. Le siège portait des traces de coup, comme si des lames s'étaient abattues sur lui et qu'il avait été réparé plusieurs fois.

Le siège suivant était celui du portier, Marbre. Il était en bois et en osier. Il n'y avait pas grand-chose à dire de plus mis à part le fait que le dossier du siège était orienté face à la table.

Le siège de Soigneur n'était fait, en réalité, que de deux planches de bois croisées. Les planches étaient épaisses et sculptées de motifs rappelant le Pic et les choristes. Sur le dossier on pouvait même voir des silhouettes dansant au pied du Pic. Le siège était démontable et pouvait être amené où Soigneur le souhaitait. Et il était assez courant de voir Soigneur assis sur ce siège en dehors de la salle du conseil.

L'emplacement suivant était vide, le siège qui devait s'y trouver avant avait été reculé au pied du mannequin. C'était résolument la place de Sœur qui se déplaçait maintenant en fauteuil roulant. L'ancien siège, relégué à l'oubli, était fait d'entrelacs de fer forgé et portait des coussins carrés unis blancs cassés. On avait adroitement caché derrière le mannequin une potence qui devait aider Sœur à s'extraire de ce fauteuil.

Le suivant, et avant dernier, était un fauteuil de prix. C'était un fauteuil voltaire doré à la feuille d'or et aux coussins d'hermine. Les pieds avants montaient jusqu’aux accoudoirs et formaient de belles têtes de cygne. Le fauteuil de Diamant était à l'exact opposé de celui de Silence, autant dans sa situation autour de la table que dans sa signification, ce qui indiquait très clairement l'opposition de ces deux archicardinale. Si le fauteuil de Silence inspirait le travail et la rigueur, celui de Diamant indiquait la richesse et le statut. 

Ambre, en arrivant sur le dernier siège, se posa une question :

_" Comment Diamant qui, malgré quelques caprices, était si ouverte avait pu s'assoir à côté de Commodore ?"

Le Siège de commodore était une vieille chaise électrique qu'on avait customisée avec des coussins de vieux cuir élimé. Il ressortait de ce siège une ambiance de mort et de douleur que même le siège de Tordue ne révélait pas. Tout était resté intact sur le siège, les sangles étaient toujours là et on l'avait traité pour stopper la rouille mais pas pour la faire disparaître. L'acier gris était brut et les soudures grossières. Il était même relié à deux énormes câbles électriques qui pendaient le long du dossier.

Après avoir fait le tour de la pièce et réprimé son dégout pour le siège de Commodore, Ambre pris la liste des tâches qui lui avait été confiées. Elle soupira et compris en quoi cette salle était une punition épuisante. Chacun des sièges devait être nettoyé et bénéficiait d'un traitement différent.

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Kaemyll 15/10/2015 19:50

On sent bien toutes tes inspis. Le mélange sur ta palette rend très bien. Le jeu des portraits suggérés accroche encore un peu plus, comme une invitation supplémentaire à voyager dans ton imaginaire ! +1

Patapon 16/10/2015 08:47

Merci

Mémoire de joueur 15/10/2015 10:40

Encore une fois le texte est très évocateur, et donc efficace, mis à part un siège ou deux j'ai l'impression d'avoir vu tous ces sièges et chacun m'a parlé à sa façon. Il n'y a qu'à la fin quand tu dis "Ambre, en arrivant sur le dernier siège, se posa une question" c'est idiot mais j'ai eu l'image de boucle d'or qui essaie les lits des ours à ce moment là.

Eglantine 30/09/2015 17:56

bonjour et bienvenue dans la communauté " j 'écris, tu écris..." j'espère que vous aurez l'occasion de partages ...
à bien vite

Patapon 30/09/2015 18:29

Merci